Black Panther ou être fière d’être noir

Bien évidemment, je n’ai pas attendu de voir Black Panther pour être fière d’être noir. Je suis une magnifique et intelligente femme noire. Prétentieux ? Non. J’ai mes faiblesses et mes moments de doutes. Mes craintes et mes peurs aussi. Mais cela n’égratigne en rien cette couleur de peau qui fait ma force. Cette couleur n’est pas la seule chose qui me définisse. Mon savoir, mon caractère, mon histoire et tellement d’autres choses me complètent. Mais il est vrai qu’en sortant de cette salle de cinéma, j’étais profondément fière d’être cette femme noire et d’avoir vu des gens qui me ressemblaient.

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L’histoire des super-héros noirs n’est pas récente. Et oui black panthère n’a rien inventé. Par contre, ce film a définitivement donné une dimension phénoménale à l’Homme noir. Remontons aux origines de nos chers héros. Les comics ont depuis toujours été le reflet d’une société. Aux Etats-Unis, dans les années 30, c’était surtout le reflet d’une société majoritairement blanche. Les minorités, à cette époque étant caricaturées avec cette volonté de rabaisser les personnes de couleur. Pendant longtemps l’homme noir sera « l’ami » du véritable super-héros. Quasiment toujours illettré, parlant avec un argot stupide ou une simplicité de texte.

Selon moi, et ce n’est que mon avis, le premier super-héros qui vaille la peine d’être considéré comme tel est crée en 1937 par Jackie Ormes sous le nom de Torchy, une jeune femme noire du Mississippi faisant fortune à l’époque des grands mouvements des droits civiques.

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En 1947, All Negro Comics voit le jour. Nous découvrons alors des personnages noirs, loin des stéréotypes de l’époque : un détective privé, un espion, etc. Mais tout n’est pas simple. Le CCA (Comics Code Authority) refuse le « Judgement Day » de William Gaines Entertainment Comics parce que le super-héros est noir.

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En 1960, un vent nouveau souffle sur l’Amérique. Marvel désireux d’être véritablement le miroir de cette société accompagne la marche des droits civiques et met en avant des personnages de couleurs, c’est la blacksploitation. En 63, Marvel présente Gabe Jones, des séries qui expliquent le rôle des noirs pendant la Seconde Guerre mondiale.

 

 

En 1966, Stan Lee, fondateur de Marvel est inspiré par Lobo, premier super-héros noir à avoir son nom propre en titre. Black Panther voit le jour dans le numéro 52 de Fantastic Four. Dès lors, les personnages de couleurs sont de plus en plus nombreux. Dans les années 70, il y a un réel besoin de définir ce qu’est l’Amérique de couleur loin de ces origines africaines. Shaft en sera l’exemple en 1971. En 75, Storm des X-Men, est une femme noire, membre à part entière de la série.

Dans les années 90, Milestone Media, réussit avec plus ou moins de succès à introduire des super-héros de couleur : Xombi, Hardware… Un peu, plus tard, Blade marquera les esprits. Mais il est vrai qu’à part quelques exceptions le premier rôle reste majoritairement un homme blanc.

Et l’engouement suscité par Black Panthère est la preuve, qu’il y a un réel besoin de voir autre chose. De voir, des hommes et femmes noirs intelligents, du « bon coté », avec de vraies valeurs. Nous voulons voir des gens qui nous ressemblent. Et Black Panther a réussi cet exploit. Nous ne sommes plus la caricature d’une époque ou nous n’avions pas notre place dans cette société. Black Panther prend cette place, s’impose !

Le film est un pur Marvel. Tout ce qui fait le succès de Marvel est là : effets spéciaux, humour, beauté des combats. Et en plus, la beauté des paysages, des costumes. Black Panther réalisé par Ryan Coogler est bien plus qu’un grand film, c’est, je l’espère de tout mon cœur, le début d’une très grande histoire…