La cachaça: une autre idée du rhum

J’ai commencé mon aventure gustative des spiritueux par le rhum agricole de la Martinique. Chose plutôt évidente puisque je suis originaire de l’île, mais l’idée de ce blogue n’est pas de se cantonner uniquement aux alcools de mon île, mais de nous amener à découvrir des saveurs du monde entier. Aujourd’hui, nous allons donc faire un tour du côté du Brésil. Bienvenu dans le monde au haut en couleur de la Cachaça.

10603658_10152518840598525_6345914418575135764_nJ’ai été boire un verre il y a quelques jours de cela avec une connaissance originaire du Brésil qui est également responsable d’une marque de cachaça. Elle m’a fait découvrir l’une de ses pépites : la cachaça Abelha. Une cachaça bio créée par une communauté de fermiers vivant à Bahia avec une production traditionnelle et artisanale visant à respecter la matière première et le terroir. Ainsi, les champs ne sont pas brûlés avant la récolte et les cannes sont pressées moins de 24h après leur coupe pour préserver toute leur saveur. La cachaça artisanale se caractérise par une palette aromatique plus large que la cachaça industrielle, lui conférant beaucoup plus de subtilités. 

Mais avant de vous dire mon ressenti concernant cette cachaça bio parlons un peu du produit en lui-même. La cachaça tout comme le rhum est produit à partir de la canne à sucre. Malgré quelques ressemblances, se sont néanmoins deux produits totalement différents. Je vous laisse relire mon article sur le rhum pour vous éclairer sur sa fabrication. La cachaça est embouteillée avec un taux d’alcool se situant entre 40-48°, contrairement au rhum agricole, qui lui, est distillé entre 65-75° et est ramené aux degré souhaité par ajout d’eau de source avec un taux d’alcool qui se situe plus souvent entre 50-60°. Elle repose ensuite pendant quelques mois dans des foudres de bois assez neutres ou des cuves en inox. Plus rarement, elle peut être mise en fût et laissée à vieillir.

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Maintenant que vous savez de quoi nous parlons, je peux développer la cachaça d’Abelha. Je pense que cet alcool puise sa forme dans son mode de fabrication. Distillée en alambics de cuivre, à partir de canne locale fermentée avec des levures maison toute la saveur fruitée en ressort grâce à l’alambic chauffé à flamme directe. Des notes de fruits, de sucre, mais aussi d’herbes fraiches rappellent que cet alcool provient bien du Brésil. On y retrouve cette note tropicale que l’on attend d’une cachaça. 

Je suis totalement séduite par cette eau-de-vie, par sa politique et surtout par son goût. Produire intelligemment pour consommer mieux, une idée de plus en plus répandue dans le milieu des spiritueux. 

Bonne dégustation