L’alcoolisme: et si ce n’était pas que « les autres »?

Je suis la 1ère à apprécier un petit verre de rouge après 8h de vol, à proposer un ti-punch à l’apéro ou à ne quasiment jamais refuser une coupe de Billecart Salmon (si jamais vous avez envie de me faire plaisir un jour…). J’ai également fait le choix de parler de spiritueux sur mon blog. Parce que je considère cela comme un plaisir et qu’il y a beaucoup de choses à apprendre concernant les alcools. Mais il y a aussi une réalité que je me dois de traiter ici. Une réalité en lien direct avec ses petits plaisirs que nous nous octroyions : l’alcoolisme. 

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©grazia

Ne pas parler d’alcoolisme est pour moi une totale hypocrisie quand on parle à longueur de journée des plaisirs que nous avons à boire. Je ne suis absolument pas professionnelle en spiritueux, mais j’en fais « l’éloge » régulièrement dans mes articles. Donc il est important pour moi, de vous mettre en garde, ou simplement vous informer sur une consommation excessive d’alcool. 

Je ne suis pas médecin et je n’ai absolument pas la prétention de vouloir jouer les donneuses de leçons. Nous sommes maîtres de nos destins. Cet article est simplement à titre préventif. 

J’ai eu ma première gueule de bois à l’adolescence. À l’époque, en soirée, j’étais une adepte du vieux/coca (rhum mélangé au coca). Je sortais du lundi au samedi, sans exception. J’avais 18 ans, je bossais déjà. Je travaillais comme animatrice radio. Être une femme et un peu connue, vous ouvre les portes, mêmes les plus sombres. Je n’ai pas le souvenir d’avoir payé un seul verre d’alcool pendant cette période. Et pourtant tous les soirs, après l’émission, j’avais mes verres qui défilaient à ma table. Je ne consommais pas pour le plaisir, mais simplement pour être « bien ». Évidemment, un verre ne suffisait pas pour être dans cet état. Je ne connaissais pas ma limite. La ligne rouge était très souvent franchie : gueule de bois au réveil et migraine qui va bien. Mais pour moi, c’était juste normal. Mes amis faisaient pareil. J’étais jeune et j’avais toute la vie devant moi. 

J’ai eu 2 déclics dans ma vie concernant l’alcool. Le premier à l’adolescence. Je suis partie faire un tour en voiture avec des copines. Un pote conduisait. Il avait bu. Trop bu! Nous étions sept dans la voiture et ce n’était pas une familiale. J’étais assise sur les jambes d’une copine à l’avant. Nous étions super contentes d’être toutes ensembles. Nous avons demandé à notre pote d’accélérer. C’était trop fun. Je me revois rire à gorge déployée. Il a suffi d’une seconde. Une seconde, pour que je réalise que j’étais passée à 2 doigts de la mort. Mon pote a perdu le contrôle de la voiture et elle a percuté un mur. 

Il n’y a eu que des égratignures pour la partie physique. Je me souviens des nuits qui ont suivi cet accident. Impossible de fermer l’œil. Je m’en rappelle aujourd’hui comme si c’était hier. 

Le deuxième « incident » s’est produit beaucoup plus tard. Pendant mes années, animatrice radio. J’étais dans une phase ou tout était permis. Parce que j’étais jeune et que mon entourage me montrait que je pouvais tout avoir. Certains milieux favorisent cette pensée. C’était pendant un jour gras, pendant le carnaval. Avec une copine, nous avions passé l’après-midi à boire. Rhum sec, bières, rhum vieux coca. C’était jour de fête. Nous avions débuté vers 14H en plein Fort-de-France, sous un soleil de plomb. J’ai tenu jusqu’à 18h. À 20h, j’étais à l’hôpital du Lamentin. Trou noir. 

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©aufeminin.com

Cette soirée a été un déclic. Un déclic concernant la façon dont je consommais l’alcool. À partir de la, j’ai essayé de comprendre pourquoi je buvais autant et de cette manière. Ce n’est pas évident de se dire qu’il y a un problème. Surtout à 20 ans. Je pense sincèrement qu’il y a un âge pour tout. Et pour moi, l’adolescence fait partie de cette période de notre vie, ou nous avons besoin d’apprendre, de tester, de nous tester pour savoir qui on est vraiment, et ce, dont nous avons besoin. 

J’ai compris ce soir-là que je n’avais pas besoin d’alcool pour être une fille « IN ». Que les gens qui m’appréciaient vraiment, continueraient même sans cet état d’ivresse quasi-constant de m’apprécier. J’ai compris que l’alcool ne me rendait pas meilleure. Parce que oui, on le croit quand on boit. Et à partir de la, j’ai consommé différemment. J’ai bu pour le plaisir. J’ai appris à déguster. J’ai appris ce qu’étaient le vin, le champagne, le rhum. J’ai eu la chance d’avoir une formation d’œnologie. Et grâce à ça, j’ai compris que l’alcool sans excès était un véritable plaisir. 

Évidemment, je ne suis absolument pas fière de moi. Mais vous savez quoi, si mon adolescence était à refaire, je referais exactement la même chose. Parce que j’ai appris de mes erreurs. Parce qu’aujourd’hui, je suis capable d’expliquer à un jeune ce qu’il risque à mettre sa vie en danger en buvant excessivement. 

Malgré une consommation en baisse, aujourd’hui, l’alcool tue prêt de 50 000 personnes chaque année, en France. L’alcool est dangereux même si on n’en ressent pas les effets, même si on n’est pas ivre ou dépendant. « Tenir l’alcool » est une sensation trompeuse. Malgré l’absence d’ivresse, les effets sur le long terme sont bien présents. Et il faut savoir, chez les buveurs réguliers qui ont l’impression de supporter facilement l’alcool, que le risque de dépendance existe. 

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©lareclame

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) reconnaît depuis 1978 l’alcoolisme comme une maladie et le définit comme des « troubles mentaux et troubles du comportement » liés à l’ingestion fréquente d’alcool éthylique. « Alcool » est un terme employé de façon courante pour désigner l’éthanol, l’éthanol étant un type d’alcool au sens biochimique, mais non le seul. La dépendance à l’alcool désigne in extenso la dépendance à l’éthanol contenu dans les boissons alcoolisées. L’évolution dans le temps de la consommation est une des caractéristiques majeures de cette addiction. L’usage sans dommage (appelé usage simple) précède l’usage à risque et l’usage nocif (sans dépendance), puis enfin la dépendance. L’alcoolisme est à l’origine de dommages physiques, psychiques et sociaux.

Evidement nous ne sommes pas tous égaux devant l’alcool. L’alcoolisation se fait au quotidien, nous pensons tous être « dans la norme ». Il est important de rappeler les seuils d’une consommation modérée : 3 verres d’alcool par jour maximum (soit 36 g d’alcool pur) chez l’homme et 2 verres d’alcool par jour maximum (soit 24 g d’alcool pur) pour la femme. Et 0 pour les femmes enceintes et enfants. Comment comprendre que nous avons un problème avec l’alcool ? Quelques indices peuvent vous aider : 

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©alcoolespace

1. J’ai l’impression de ne pas pouvoir m’arrêter… Un verre, deux verres, trois verres… Quand vous buvez un verre, il vous en faut un autre sans même y réfléchir.

2. Je ne peux pas envisager une sortie festive sans alcool

3. Je me mets en danger ou mets les autres en danger sous l’emprise de l’alcool. Agressivité, troubles du comportement, conduite alcoolisée, troubles somatiques 

4. Ma consommation d’alcool me prend beaucoup de temps. Le temps passé à boire, à se procurer de l’alcool et à se remettre de ses effets est un critère de dépendance à l’alcool

5. Je bois mon premier verre de plus en plus tôt. Vous avez commencé par boire votre premier verre en rentrant du travail, puis ce premier verre est passé du soir au midi, puis du midi au matin

6. Mon entourage me fait des remarques sur ma consommation d’alcool

7. J’ai voulu arrêter de boire pendant quelques jours et je n’ai pas pu

Si vous vous retrouvez dans plusieurs de ces signes ou si vous en éprouvez le besoin n’hésitez pas à évoquer le sujet avec votre médecin.

Comme je le disais en amont, je ne veux absolument pas jouer les moralisatrices. Mais comme dans tout, les excès nuisent. L’alcool doit rester un plaisir et non un besoin. Et surtout, ne forcer pas quelqu’un qui ne souhaite pas boire une boisson alcoolisée à le faire. Par contre, insistez (quitte à forcer) si un ami, un proche souhaite conduire malgré son état d’ébriété. Il vous remerciera plus tard. 

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©protégez-vous

La vie est une fête, tachons de ne pas la gâcher. 

Alcool info service:

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