Le Puro, tout un art… (de vivre)

Je suis un amateur de havanes… Et comme notre chère et tendre Thia le sais, elle a profité de sa dernière escale à Cuba (qu’elle décrit dans cet article) pour me ramener une boîte de cigares cubains. Des “ Romeo Y Julieta  Churchills “ pour être exacte. J’en fume d’ailleurs un à l’instant même où je vous écris ce billet, dans lequel, vous l’aurez compris, nous allons parler de cigares !

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L’origine du cigare remonterait, elle aussi, à Christophe Colomb (ce type aurait donc tout découvert?). Lors de l’un de ses premiers voyages, il aurait constaté que les indigènes inhalaient la fumée d’une plante. Cette même plante qu’il ramena ensuite en occident : le tabac !

Il faudra cependant attendre l’année 1676 lorsque le cigare tel que nous le connaissons aujourd’hui sera inventé à Séville, en Espagne. La provenance du terme cigare en lui-même, n’est pas claire. Des écrits du 15e siècle mentionnent les termes tobaco et cohiba mais nous penchons plus sur la théorie comme quoi le mot cigare, viendrait du mot cigarro qui lui-même viendrait du terme maya segar.

Aujourd’hui, beaucoup de terroirs sont reconnus pour produire d’excellents cigares. Le Nicaragua, les USA, le Brésil ou encore le Honduras faisant partie des pays en haut de la liste des producteurs de “puros”, mais je pense que nous sommes tous d’accord sur le fait que le premier pays auquel on pense en parlant de cigare est bien évidemment Cuba.

C’est donc ainsi que je me lance dans la dégustation de cette “vitole” avec un air de Compay Segundo dans les oreilles.

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Déguster un cigare est un peu comme déguster un bon rhum ou un bon verre de vin. Tout le monde peut y arriver en respectant quelques règles de base, commençant par le toucher. Un cigare se doit d’être humide et non trop sec pour éviter que celui-ci s’embrase comme de la paille. Il faut donc tout d’abord identifier au toucher s’il est légèrement souple ou entièrement dur et sec. Vous aurez peut-être vu des gens humidifier un cigare trop sec avec leur bouche ou en le plongeant dans un verre de rhum (méthode cubaine) avant de l’allumer. Ce que nous allons en retenir, c’est qu’un cigare bien conservé n’est pas censé être trop dure ni trop sec afin d’en extraire un maximum de goût lors de la dégustation. Le fait de palper votre cigare vous montrera également si sa cape (feuilles extérieures du cigares) est huileuse ou grasse, ce qui est un gage de qualité, puis de déceler des nœuds ou trous dans les tripes (partie intérieure de votre cigare).

La seconde étape de la dégustation passera par le nez, comme pour un alcool. Nous allons sentir notre cigare, à froid, afin d’en déceler les premiers arômes et ainsi avoir un avant-goût de ce qui nous attendra à la dégustation.

L’étape suivante est une étape cruciale : la Coupe ! Comme chez le coiffeur, on n’a qu’un seul essai, donc il ne vaut mieux pas se louper. Mais ne vous inquiétez pas, dans le pire des cas, inutile d’attendre que ça repousse pendant plusieurs semaines si vous vous ratez.

Nous allons éviter de faire ça cependant comme des terroristes de la dégustation, au couteau de cuisine ou aux ciseaux. Un amateur de cigare trouvera toujours un coupe cigare, outil essentiel au fumeur, comme l’est le tire-bouchon à la dégustation de vin. La coupe, elle, se doit franche, droite et nette et de préférence à l’endroit où les feuilles de tabac sont horizontales au niveau de la tête de votre puro.

Si vous avez passé cette étape, le plus dure, est fait, nous pouvons passer à la suite sans crainte.

Il vous est possible, avant d’allumer votre havane, de le “fumer à cru”, c’est-à-dire de tirer dessus une bouffée ou deux, à froid, afin d’en prendre les premiers arômes en bouche. Ceci permettra également de déjà créer un circuit d’air à l’intérieur pour mieux faire passer la fumée par la suite.

Passons ensuite à l’allumage. Un grand moment où les experts vont se disputer concernant l’arme idéale pour cette étape: briquet ou longue allumette ?

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Je pars du principe que si vous évitez les bougies ou encore les briquets à essence, qui pourraient altérer l’odeur et le goût de votre cigare, vous êtes sur le bon chemin. Personnellement, quand j’en ai l’occasion, je privilégie même une fine tranche de bois de cèdre, que l’on trouve dans les boîtes à cigares pour séparer les étages de ceux-ci à l’intérieur lors du transport. Je trouve qu’en allumant le bois de cèdre, celui-ci ramène une flamme naturelle avec une bonne odeur, avant même de commencer la dégustation. Positionnez ensuite votre cigare entre vos doigts, sans le prendre en bouche et inclinez le vers le bas. Rapprochez-le ensuite de votre flamme sans la toucher et faites tourner le cigare sur lui-même de manière à ce que la chaleur de la flamme l’allume jusqu’à ce qu’il soit rouge sur tout le diamètre de son pied. Ceci vous indiquera qu’il est bien allumé. Apportez ensuite le cigare à votre bouche et inspirez quelques bouffées pour voir le pied se consumer et les premières cendres se former. Si votre allumage est bien fait, celui-ci sera homogène et régulièr.

Voilà, vous pouvez maintenant déguster tranquillement votre cigare en prenant votre temps, accompagné d’un verre et en vous laissant enivrer par ce que perçoivent vos sens, comme si le Monde s’était arrêté les prochaines 30, 45 voir 60 minutes… Détendez-vous et profitez, car au final, on ne profite que rarement assez de ces moments privilégiés.

Doudou Brownsugar

PS: attention à pas avaler la fumée lors de votre dégustation. On “crapote” un cigare, sinon, vous risquerez d’être malade.

PS2: pour les débutants, je vous conseille de vous laisser orienter auprès d’une civette ou d’un amateur de longue date pour le choix de votre premier cigare, afin de ne pas prendre un module trop puissant pour commencer. N’hésitez cependant pas à tester et à vous faire plaisir, et surtout de découvrir ce qui pourrait vous faire plaisir à l’avenir, car les goûts de chacun sont propres.